Vous êtes ici : Accueil > Actualités > Un nouveau traitement contre la crise cardiaque bientôt disponible pour les équipes d'urgentistes et de SAMU

Un nouveau traitement contre la crise cardiaque bientôt disponible pour les équipes d'urgentistes et de SAMU

Le 13 mars 2016

L’infarctus du myocarde, communément appelé crise cardiaque, demeure la première cause de décès dans le monde et touche près de 100000 personnes par an en France. Le traitement de référence est la réalisation d’une dilatation en urgence des artères pour permettre à nouveau au sang de circuler jusqu’au cœur (cet acte médical est appelé angioplastie primaire). L’angioplastie nécessite un traitement anticoagulant injectable, pour lequel plusieurs options sont disponibles.

Une équipe internationale, menée par Philippes Gabriel Steg (Unité Inserm 698 « Hémostase, bio-ingénierie, immuno-pathologie et remodelage cardiovasculaires », hôpital Bichat, AP-HP, Université Paris-Diderot) vient de rapporter, dans The New England Journal of Medecine, les résultats d’un grand essai clinique international, mené dans 9 pays européens sur plus de 2200 patients, testant l’administration du traitement anticoagulant avant l’arrivée à l’hôpital, par les équipes d’urgentistes et de SAMU, et comparant deux stratégies. La première repose sur l’héparine (traitement classique), l’autre sur un anticoagulant plus spécifique : la bivalirudine. L’un des inconvénients majeur de ces traitements anticoagulants est le risque d’hémorragie associée. « En dilatant les artères, on fluidifie également le sang avec le risque que, si une hémorragie se déclare, on ne puisse pas la juguler », explique Philippe Gabriel Steg.

Après trente jours de suivi, la bivalirudine a réduit le risque de décès ou de saignement grave de 8,5% à 5,1% et le risque de décès, d’infarctus du myocarde ou de saignement majeur de 9,2% à 6,6%, en comparaison avec la stratégie utilisant l’héparine.

Ce bénéfice était principalement lié à une réduction des saignements graves au prix d’une augmentation du risque de thrombose de stent. « Les bénéfices sont robustes et concordants dans tous les sous-groupes testés, et notamment concordants quels que soient le type de traitement antiplaquettaire oral ou la voie d’accès artériel utilisée pour l’angioplastie (accès artériel radial ou fémoral) », précise Philippe Gabriel Steg.

Ces résultats ouvrent la voie à une utilisation de la bivalirudine comme anticoagulant dès la phase pré-hospitalière de l’infarctus du myocarde chez les patients transférés en urgence. Elle représente un progrès thérapeutique dans l’infarctus du myocarde, utilisable immédiatement.

Contact
Contact
06 06 57 25 28
Voir toutes les actualités Rappel Gratuit Prendre RDV