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La phagothérapie, une alternative à l'antibiothérapie. Quand les virus deviennent nos alliés.

Le 22 novembre 2015

Une étude clinique multicentrique de phagothérapie est lancée, une première mondiale. C’est la première fois qu’un essai clinique standard de l’industrie évalue la tolérance et l’efficacité des phages pour lutter contre les infections sensibles et résistantes aux antibiotiques.

Forcées de constater la résistance bactérienne croissante des antibiotiques, les autorités politiques et sanitaires, aussi bien françaises qu’européennes, manifestent, depuis quelques années, un intérêt grandissant pour la phagothérapie. Mais, le manque de données et d’éléments cliniques fiables et bien documentés a été, jusqu’à aujourd’hui, l’une des principales limites à la mise en pratique de cette thérapie ancienne, dont bien des médecins connaissent les bienfaits.

L’essai clinique Phagoburn, piloté par l’entreprise française Pherecydes Pharma, a été lancé en septembre et intègrera, à terme, 200 patients. L’objectif est de tester deux cocktails de bactériophages contre les infections cutanées bactériennes chez les grands brûlés. Les chercheurs espèrent, ainsi, accélérer la disparition de l’infection et la vitesse de cicatrisation. Ils ont, d’ores et déjà, obtenu des résultats très impressionnants lors d’essais préliminaires menés sur des souris.

Les bactériophages utilisés sont des virus naturels, que l’on trouve partout dans l’environnement, sur notre peau, dans nos intestins, dans la terre, l’eau, etc. Découverts tout d’abord par Frédérick W. Twort à Londres en 1915, observés de nouveau en 1917 par Félix D’Hérelle de l’Institut Pasteur, les bactériophages révèlent leurs premières applications et leurs premiers succès, dès 1919, dans le traitement de certaines infections, notamment la dysenterie, le choléra ou la peste bubonique. A partir des années trente, les phages et la phagothérapie ont été supplantés en Amérique du Nord puis en Europe de l’Ouest par la pénicilline, et par les nombreux antibiotiques issus de la recherche pharmaceutique. A l’inverse, les pays d’Europe de l’Est, en particulier, la Russie, la Pologne et la Géorgie n’ont cessé de poursuivre et de développer l’usage de la phagothérapie. Le célèbre Institu géorgien du nom de Georges Eliava, situé à Tbilissi, a effectué des recherches scientifiques approfondies et acquis, depuis plus de 80 ans, un savoir-faire qui a permis une extraordinaire avancée dans le traitement des maladies les plus graves.

De nombreux témoignages de guérisons inespérées ainsi que les études menées sur des patients dont l’état de santé était dramatique ont démontré l’incroyable efficacité de cette thérapie par les phages.
Ces virus naturels sont de performants tueurs de bactéries : après s’être fixés à leur cible, ils en perforent la paroi, y injectent leur propre ADN et utilisent celui de leur hôte pour se multiplier. En effet, les phages ont la particularité d’infecter les bactéries qu’ils ciblent de façon spécifique, et de les détruire, mais sans endommager les cellules humaines, animales ou végétales. Ainsi, l’emploi des phages contre infection à staphylocoques dorés ne détruira que les staphylocoques, sans nuire aux bactéries utiles naturellement présentes dans la flore intestinale, les muqueuses et la peau du patient.

Cette science de demain, qui aura bientôt un siècle, ouvre, grâce aux essais cliniques, de nouvelles perspectives quant au traitement de graves maladies et d’infections réfractaires aux thérapies classiques.

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